BD : Mickey : Une mystérieuse mélodie

Auteur : Cosey (d'après Disney)
Editeur : Glénat

Les éditions Glénat ont conclu un partenariat avec Disney pour confier des aventures de Mickey aux bons soins de scénaristes et dessinateurs européens réputés. Cinq albums sont d’ores et déjà prévus et chacun d’eux se doit bien entendu d’être un hommage respectueux à la célébrissime saga de l’oncle Walt. Ne vous attendez donc ni à lire quelque chose de révolutionnaire, ni à de la parodie caustique. Cela ne signifie pas qu’il y ait absence de surprises : le simple fait qu’un de ces albums soit signé par Cosey en est déjà une de taille, puisqu’on ne le connaissait que dans un registre réaliste (Jonathan, A la recherche de Peter Pan, Le voyage en Italie, Le Bouddha d'Azur…)



Le Mickey Craziest Adventures, scénarisé par Lewis Trondheim et mis en images par Keramidas, est quant à lui nerveux, sur-expressif, rocambolesque et narré avec beaucoup de dynamisme. On ne s’en étonnera pas vraiment de la part du papa de Lapinot, de La Mouche et de Ralph Azham, qui s’était déjà réapproprié cet autre personnage emblématique qu’est Spirou. Amusant mais facultatif. 



Je m’attarderai donc ici surtout sur Une mystérieuse mélodie, dont le point de départ créatif me semble avoir davantage d’intérêt. En tant qu’ancien lecteur de Mickey, Cosey s’est interrogé sur l’origine de sa rencontre avec Minnie et laisse vagabonder son imagination pour nous offrir une jolie petite histoire volontairement vieillotte, touchante, truffée de références (Oswald le Lapin, les Silly Symphonies, le nom de Pluto, etc.), avec un dessin qui, lui aussi, rappelle le charme des débuts de la souris anthropomorphique (1928). Le récit démarre même un peu avant, en 1927, à une époque où Mickey aurait débuté sa carrière comme scénariste pour Hollywood, avec beaucoup d'assurance et de naïveté. 


Reconnaît-on le style de Cosey au travers de cette bande dessinée ? Oui, indéniablement: la maquette de couverture, le cartouche de titre et sa typographie, le choix des couleurs (prédominance des jaunes, ocres et contrastes bleus), un aspect plus contemplatif que basé sur l’action… L’intrigue est pourtant assez complexe - toutes proportions gardées pour ce type de lecture - , d’offrir un suspense “polar jeunesse” et de renforcer la psychologie des personnages. Les répliques absurdes de Dingo sont d’ailleurs savoureuses.


Inutile d’en dévoiler davantage. Une petite réussite à découvrir. Pour les enfants et les grands enfants nostalgiques, qui apprécieront aussi les couvertures rigides et le dos toilé “vintage” fort à propos.

Chronique par Jean Alinea