BD : Soda - T13 : Résurrection


Auteurs : Tome et Dan

Editeur : Dupuis



Un retour attendu depuis très longtemps, le volume précédent, Code Apocalypse, datant déjà de 2005. Bruno Gazzotti a depuis lors décidé de plutôt développer ses talents graphiques dans une autre série, Seuls, dont nous vous avons déjà parlé en nos pages. Quant à Philippe Tome, un des scénaristes les plus incontournables des années 1990, il s’est fait pour le moins discret ces dernières années, à l’exception des gags du Petit Spirou (beaucoup moins inspirés qu’à ses débuts).


Pour la reprise de service de son célèbre curé-flic, son choix pour un nouveau dessinateur s’est naturellement porté sur Dan Verlinden. Ce dernier est en effet un collaborateur de longue date, ayant officié entre autres comme assistant sur certains albums de Spirou et du Petit Spirou. Ce qui surprend en revanche dans cet album - le bien-nommé Résurrection -, c’est que le résultat visuel renoue avec les tout débuts de la série. C’est un peu de Luc Warnant qu’on ressuscite ! Si les lecteurs nostalgiques s’en réjouiront, d’autres regretteront la patte plus moderne et en constante évolution de Bruno Gazzotti.

Le leitmotiv scénaristique reste cette double vie du lieutenant David Solomon, qui, cherchant à épargner le coeur fragile de sa pauvre maman, dissimule sa véritable profession et endosse un rôle d’homme d’église factice en rentrant chez lui. L’esprit de la série reste-t-il intact pour autant ? Oui… et non. On peut observer une légère difficulté à retrouver la fluidité narrative d’antan et regretter une quasi-absence d’humour. Ce ton grave se justifie en partie par le thème abordé, puisque le contexte est celui des attentats du 11 septembre 2001. Le quotidien new-yorkais de Soda n’a jamais manqué d’action explosive… mais cet aspect est ici bien évidemment poussé à son paroxysme.


Un dossier de documentation vient s’adjoindre aux planches de BD, partageant une vision complotiste sur ces événements tristement mémorables qui ont secoué le monde. Cette réflexion “orientée” est plus que perceptible dans le récit-même de Philippe Tome. Autre élément inhabituel : alors qu’il nous avait habitués à des histoires complètes, il ne nous livre ici qu’un premier volet, le dénouement étant annoncé dans le second. 

Espérons que cette transition amorcera des aventures comportant davantage d’inventivité, car c’est par cette qualité-là aussi que la série a su se démarquer par le passé.




Chronique par Jean Alinea