Livres autour du film Gainsbourg (vie héroïque)

Auteurs : Sfar et Sapin
Editeurs : Delcourt et Dargaud




On parle énormément de la première incursion de Joann Sfar dans le 7e art avec Gainsbourg (vie héroïque). En bien, en mal. La critique semble unanime sur les performances d’acteurs, moins sur le rythme d’ensemble. Chacun se fera son opinion.

Futé, le (nouvellement) réalisateur s’est stratégiquement arrangé pour que son public bédéphile le suive dans cette nouvelle aventure, car pas moins de trois ouvrages paraissent autour du film !

Tout d’abord celui de Mathieu Sapin, Feuille de chou (journal d’un tournage), aux éditions Delcourt. Les connaisseurs en chansons de Gainsbarre remarqueront l’habile jeu de mots du titre. Voilà donc un reportage dessiné sur les coulisses, un "extended making of" assez indigeste qui ne nous épargne malheureusement pas les futilités : des discussions hors sujet qui "rythment" les moments d’inaction ; des micro-détails dont tout le monde se fout ; etc. Un peu, ça va, mais quand ça s’étale sur 358 planches, on sature rapidement. L’avantage, c’est que tous les participants au film y sont représentés et trouveront là une reconnaissance de leur travail. A moins de faire partie de l’équipe de tournage ou d’être fan pathologique du film, je ne pense pas que vous éprouverez de la satisfaction en lisant Feuille de chou. Même si vous êtes étudiant(e) en cinéma.

Autre ouvrage, signé par Monsieur Sfar lui-même, Gainsbourg (hors champ) est le plus intéressant… à condition que vous soyez prêt(e) à débourser 39 euros pour un produit dérivé. Bon, il fait 480 pages, mais là aussi, il faut avoir sacrément apprécié le film ou être un inconditionnel de l’auteur. Le livre compile les recherches de Joann Sfar, ainsi que les esquisses (parfois exquises) et planches de bandes dessinées disparates qui l’ont aidé à communiquer ses idées à son équipe ou à reconsidérer ses scènes. On y sent la passion et l’émotion de l’auteur pour son sujet. L’envie de se réapproprier la vie de Gainsbourg comme un conte de Grand Vampire ou les déboires amoureux de Pascin.

Et pour finir, Gainsbourg (images) présente un petit portfolio de 23 dessins très spontanés (majoritairement des aquarelles), détachables, au dos desquels se trouvent à chaque fois de petites citations touchantes de Serge Gainsbourg, permettant de mieux cerner le chanteur-compositeur. Encore un objet pour fan.

Sur ce, j’achève ici ma chronique, sinon je vais rater la séance de projection.

Chronique par Jean Alinea